Le 22 mai dernier, les Predators de Nashville ont vaincu les Ducks d’Anaheim pour accéder à la finale de la Coupe Stanley. Leur entraîneur-chef, Peter Laviolette, est ainsi devenu le quatrième entraîneur de l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH) à avoir mené trois équipes différentes à l’étape ultime. À première vue, un tel exploit paraît surprenant étant donné que Peter Laviolette n’a jamais brillé comme joueur de hockey dans la LNH – il n’a récolté aucun point lors de ses douze parties en carrière. Or, il semble n’exister aucune corrélation entre les performances sur la patinoire et les résultats obtenus derrière le banc des joueurs. En effet, Wayne Gretzky, l’un des meilleurs hockeyeurs de tous les temps, a été incapable de conduire les Coyotes de Phoenix à une participation aux séries éliminatoires en quatre saisons à titre d’entraîneur-chef. De son côté, Scotty Bowman, qui n’a jamais évolué dans la LNH, a remporté la Coupe Stanley à neuf occasions comme entraîneur-chef, un record inégalé à ce jour.

« L’entraîneur médiocre parle, le bon explique, le super démontre et le meilleur inspire. »
— Citation de Joseph Kessel, aviateur, journaliste et romancier français

Comme vous vous en doutez, ce principe est une réalité bien présente dans le milieu organisationnel. Selon les chercheurs Zoltners, Sinha et Lorimer, un employé très performant qui est nommé chef d’équipe ne connaîtra pas nécessairement le même degré de réussite. En effet, dans un article publié dans le Harvard Business Review, on peut y lire qu’un représentant exceptionnel a tendance à rencontrer certaines difficultés lorsqu’il assume les responsabilités de superviseur, ce qui peut nuire considérablement à la performance organisationnelle.

Tout d’abord, l’employé performant devenu gestionnaire s’attend à ce que les membres de son équipe affichent des résultats comparables aux siens. Toutefois, si les résultats ne sont pas au rendez-vous, il parvient difficilement à les accompagner de manière efficace. En effet, son rôle est différent, car il doit maintenant se concentrer sur le succès de son unité plutôt que sur l’atteinte de ses objectifs de ventes. Ici, l’acquisition de compétences managériales s’avère donc essentielle. Autre défaut, il s’immisce souvent dans le travail de ses représentants (participation aux rencontres avec les clients potentiels, intervention dans le service à la clientèle, suivi étroit des dossiers), ce qui mine leur motivation, leur autonomie et leur confiance. Enfin, il se rend compte que son nouvel emploi du temps comprend beaucoup de tâches administratives, ce qui le rend malheureux. Et nous connaissons tous les répercussions que cela peut avoir.

Que cela concerne les chiffres d’affaires, la dynamique de groupe ou le bien-être des employés, une organisation peut perdre beaucoup en offrant un poste de gestion à un employé uniquement sur la base de son expertise technique. À l’image du hockey professionnel, il est préférable de miser sur les bonnes compétences si l’on veut aspirer aux grands honneurs!

Sources

Andris A. Zoltners, PK Sinha, Sally E. Lorimer. Think Twice Before Promoting Your Best Salesperson, Harvard Business Review, 6 juillet 2012.

ICI Radio-Canada. Les Predators en finale de la Coupe Stanley, 22 mai 2017.

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