Blogue

Pour le meilleur et pour le pire…

Pour le meilleur et pour le pire…

Aux couples qui envisagent de se marier, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous.

Commençons par la mauvaise. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux de divorce s’élève à près de 50 %. Un tel résultat s’explique notamment par une méconnaissance des dynamiques relationnelles, une incompatibilité des caractères, un désaccord sur les priorités de vie ou un partage inégal des tâches domestiques.

Maintenant, la bonne nouvelle. D’après une étude menée par le Dr James McNulty, professeur de psychologie à l’Université d’État de Floride, il est possible d’augmenter la probabilité de réussite conjugale. En effet, après avoir analysé l’évolution de la relation de 135 nouveaux couples mariés pendant quatre ans, il a constaté que de faibles attentes envers son partenaire sont associées à un degré plus élevé de bonheur et de satisfaction! Assurément, ce principe s’applique aussi à la Bourse…

« Je me sens toujours heureux, vous savez pourquoi? Parce que je n’attends rien de personne. Les attentes font toujours mal, la vie est courte. Aimez votre vie, soyez heureux et gardez le sourire. »
— William Shakespeare

Avant d’effectuer une transaction, un négociateur actif averti prend le temps nécessaire pour la planifier, c’est-à-dire qu’il sélectionne un titre selon des critères préétablis et qu’il prévoit son prix d’entrée et de sortie. Ainsi, il est convaincu que chacune de ses transactions sera profitable, créant par le fait même des perspectives de rendement irréalistes. Comme vous le savez, étant donné le caractère incertain et aléatoire du marché boursier, les pertes sont inévitables. Il est donc impératif de réajuster ses attentes. Autrement, à l’image d’un mariage malheureux, vous pourriez ressentir de la frustration.

Pour ce faire, l’excellent blogueur boursier Adam Grimes propose d’une part d’évaluer la performance non pas en fonction du résultat de la prochaine transaction, mais bien de celui obtenu à la suite d’un grand nombre d’opérations boursières. Ainsi, plutôt que de se décourager lorsqu’une transaction s’avère infructueuse, il est préférable d’évaluer son rendement à la fin du trimestre ou de l’année, par exemple. D’autre part, il invite au lâcher-prise en se concentrant plutôt sur ce que l’on maîtrise. Inutile donc de vociférer lorsque le cours de vos actions baisse, assurez-vous plutôt de respecter votre plan d’action. Avec un tel état d’esprit, vous serez mieux outillé pour accepter le meilleur et le pire dans une perspective globale à long terme…

Sources

Adam Grimes. The Art & Science of Trading – Course Workbook, Detailed Examples & Further Reading, Hunter Hudson Press, 2017.
James K. McNulty. Should Spouses Be Demanding Less from Marriage? A Contextual Perspective on the Implications of Interpersonal Standards, Personality and Social Psychology Bulletin, 16 mars 2016.
Nancy Shute. If You Set High Expectations For Your Marriage, Is it Doomed? NPR, 16 mars 2016.
Yvon Dallaire. Le couple et le divorce, Le Journal de Montréal, 8 février 2014.

Qui ne tente rien n’a rien!

En 1747, à bord du navire britannique HMS Salisbury, le Dr James Lind tente désespérément de soulager douze marins atteints du scorbut, une maladie causée par une carence en vitamine C. Pour ce faire, il les sépare par groupe de deux, puis propose un traitement différent à chacune des six paires (acide sulfurique, cidre, jus d’agrumes, eau de mer, pâte d’écorce et vinaigre). Heureusement, le docteur observe une nette amélioration de l’état de santé des deux marins ayant bu le jus d’agrumes. Un an plus tard, il publie son Traité du scorbut pour démontrer l’efficacité de l’orange et du citron pour vaincre le scorbut.

« On rate 100 % des lancers que nous ne prenons pas. »
— Wayne Gretzky, ancien joueur de hockey professionnel

D’un point de vue statistique, on constate qu’un seul traitement sur six a fonctionné, ce qui représente un taux de succès de 17 %. Est-ce une donnée révélatrice? Bien sûr que non, car le Dr Lind a trouvé un moyen de guérir et de prévenir le scorbut! Grâce à une approche par « essai-erreur », il est possible d’accomplir de belles choses, une méthode utilisée par plusieurs personnes et organisations à succès.

Par exemple, cet automne, Louis-José Houde présente son nouveau spectacle Préfère novembre en rodage à L’Olympia de Montréal. Ainsi, l’humoriste pourra peaufiner ses textes en éliminant, en modifiant et en ajoutant des blagues afin d’offrir un spectacle de qualité. Quant à l’entreprise Google, qui est un chef de file mondial en matière d’innovation, elle applique rigoureusement le concept du fail fast forward : tester, échouer et tirer des leçons. À cet égard, seulement entre 2012 et 2013, Google a abandonné 70 initiatives technologiques!

Lorsqu’on commence à la Bourse, on cherche la formule gagnante et, par conséquent, on lit des livres, on participe à des formations en ligne ou on s’abonne à des infolettres financières. Bien que cette stratégie semble prometteuse, est-elle suffisante? Selon moi, à l’image du Dr Lind, de Louis-José Houde et de Google, il n’y a rien de mieux que d’élaborer et de tester soi-même des stratégies de négociation pour sélectionner celles qui correspondent à son profil ainsi que pour parfaire ses connaissances. Sans quoi vous risquez de manquer le bateau…

Sources

Christine Kerdellant. Ils se croyaient les meilleurs, Éditions Denoël, 2016.

Philip E. Tetlock, Dan Gardner. Superforecasting : The Art and Science of Prediction, Signal, 2015.

Soline Roy. Le scorbut, maladie des marins désormais au cœur des villes, Le Figaro.fr-Santé, 2 décembre 2016.

Et si la chance vous souriait?

Selon vous, quels sont les facteurs qui contribuent au succès professionnel?

L’intelligence, le talent et la persévérance sont les principaux critères de réussite évoqués dans les médias, le système d’éducation, les livres de croissance personnelle et le milieu familial. Ainsi, cette quête semble être à la portée de tous, ce qui est très encourageant. Dans la réalité, ce n’est malheureusement pas suffisant. En fait, vous connaissez sûrement une personne intelligente, talentueuse et tenace qui n’a pas encore obtenu l’emploi rêvé, décroché un premier grand rôle à la télévision ou réussi en affaires. Que cela vous plaise ou non, le facteur chance peut influer considérablement sur la probabilité de succès.

Par exemple, l’acteur américain Bryan Cranston connaît la gloire après avoir personnifié Walter White dans la série culte Breaking Bad. Or, saviez-vous que les acteurs John Cusack et Matthew Broderick avaient préalablement refusé le rôle vedette? Grâce à cette occasion en or, la carrière de Bryan Cranston a finalement pris son envol.

« Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a. »
— Matthieu, chapitre 25, verset 29

En 1968, le sociologue américain Robert K. Merton s’est inspiré de cette référence évangélique pour expliquer le phénomène par lequel les chercheurs scientifiques réputés avaient tendance à se voir attribuer davantage de crédit pour une idée ou des projets de recherche aux dépens de scientifiques plus jeunes ou inconnus – c’est ce qu’il a appelé « l’effet Matthieu ». Alors, dans le cas de Bryan Cranston, le simple fait qu’il soit maintenant un acteur bien établi lui donne plus d’occasions de jouer des rôles de premier plan au cinéma et à la télévision. C’est pourquoi il ne faut pas sous-estimer le facteur chance dans l’équation du succès. Si vous n’êtes pas encore convaincu, lisez ce qui suit.

Sans contredit, La Joconde, ou Portrait de Mona Lisa, est l’une des œuvres d’art les plus célèbres et les plus convoitées au monde. Chaque jour, ce tableau attire entre 15 000 et 20 000 visiteurs et sa valeur est estimée à un milliard d’euros! Mais qu’est-ce qui explique une telle notoriété? Son sourire énigmatique, le mystère entourant son identité ou le fait que cette peinture ait été réalisée par Léonard de Vinci? Eh bien, il paraît que le véritable engouement n’a débuté qu’en 1911 lorsqu’elle a été volée! En effet, après deux ans de recherche intensive par les corps policiers et de couverture médiatique internationale, son succès a été instantané auprès du grand public lorsqu’elle a retrouvé sa place au musée du Louvre à Paris. Il s’agit ici d’une autre belle manifestation de « l’effet Matthieu ».

De toute évidence, nul ne peut prédire avec certitude si vous bénéficierez un jour de « l’effet Matthieu ». Vous devez donc lâcher prise sur le résultat et vous concentrer sur les aspects sur lesquels vous exercez un contrôle. À l’image de la Mona Lisa, je vous invite donc à garder le moral, car la chance pourrait bientôt vous sourire.

Sources

Europe 1 – Le Jdd. Une journée dans la vie de la Joconde, 20 juin 2017.
Robert H. Frank. Success and Luck: Good Fortune and the Myth of Meritocracy, Princeton University Press, 2016.
Sheena McKenzie. Mona Lisa: The theft that created a legend, CNN, 19 novembre 2013.

Inscrivez-vous à mon infolettre



Pin It on Pinterest

Share This