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Avant de comprendre les marchés, il faut comprendre nos décisions
Les marchés financiers sont souvent perçus comme un univers de chiffres, de graphiques et de données économiques. Pourtant, derrière chaque mouvement de marché se cachent des décisions humaines. Et derrière chaque décision humaine, il y a des émotions, des biais et des comportements.
Au fil des ans, j’ai partagé sur mes réseaux sociaux des centaines de réflexions portant sur le savoir-être, la prise de décision et le développement personnel. Ces réflexions touchent différents aspects de la vie, mais elles reposent toutes sur une même conviction. Dans un environnement complexe et incertain, la qualité de nos décisions dépend largement de notre compréhension du comportement humain.
Depuis quelque temps, j’ai également le plaisir de collaborer avec D*Trading, un merveilleux groupe privé sur Facebook qui réunit des négociateurs actifs et des investisseurs passionnés par les marchés financiers désireux d’approfondir leur compréhension du monde de la Bourse. Ce qui me rejoint particulièrement dans cette communauté, c’est la volonté commune de progresser, autant comme investisseur que comme individu.
Au fond, notre objectif est le même : aider les gens à prendre de meilleures décisions.
C’est d’ailleurs au sein de la communauté D*Trading qu’est né le projet que je vous présente aujourd’hui. L’idée était simple : rassembler en un seul endroit 175 réflexions que j’ai partagées au fil des ans sur la psychologie, la discipline et la stratégie en investissement.
Vous avez maintenant la possibilité de découvrir le recueil regroupant ces publications, dont l’objectif est d’aider à mieux comprendre les marchés, mais surtout à mieux comprendre nos propres comportements face à l’incertitude.
L’achat du recueil donne accès à un guide PDF de 215 pages ainsi qu’à un livre audio d’une durée de 6 h 30, le tout au coût de 29 $ plus taxes.
Plusieurs lecteurs constatent que ce type de contenu prend encore plus de sens avec le temps. Une première lecture permet de réfléchir. Les suivantes permettent souvent d’intégrer plus profondément certaines idées à mesure que les expériences s’accumulent.
Pour celles et ceux qui souhaitent aller encore plus loin, le recueil est également inclus avec l’achat de ma Masterclass intitulée La gestion des émotions et la prise de décision en Bourse. Vous n’avez qu’à l’ajouter directement à votre panier lors de l’achat pour profiter de ce rabais exclusif.
Je tiens également à souligner que ce projet est une initiative de D*Trading. Je remercie Anthony Dupuis, qui a eu l’audace de mettre ce projet de l’avant, ainsi que François Joly-Dubois, fondateur de cette communauté, pour la confiance qu’il m’accorde. Je leur en suis extrêmement reconnaissant.
Si le sujet vous interpelle et que vous souhaitez approfondir votre réflexion sur la psychologie et la prise de décision en investissement, je vous invite à découvrir le recueil ici.
Bonne lecture, bonne écoute et bonne progression !
Le test de la guimauve et la patience
Le célèbre test de la guimauve est souvent cité comme une démonstration éloquente de la puissance de la maîtrise de soi. Menée dans les années 1960, cette expérience proposait à un enfant un choix simple : manger immédiatement une guimauve ou attendre quelques minutes afin d’en recevoir une deuxième. L’objectif était d’évaluer la capacité de gratification différée, soit la faculté de renoncer à une récompense immédiate dans l’espoir d’un gain futur.
Pendant longtemps, l’interprétation dominante a été la suivante : les enfants capables d’attendre disposeraient d’une meilleure maîtrise de soi, ce qui expliquerait en partie de meilleurs résultats plus tard dans la vie. La patience était alors perçue comme une qualité intérieure, un trait de caractère que l’on possède ou non.
Avec le temps, cette lecture s’est révélée trop simpliste.
En observant de plus près le comportement des enfants, les chercheurs ont constaté que ceux qui parvenaient à attendre ne faisaient pas qu’exercer leur volonté. Ils utilisaient, souvent de façon instinctive, de véritables stratégies pour rendre l’attente plus supportable : détourner leur attention, éviter de regarder la guimauve, se raconter une histoire, chanter ou jouer avec leurs mains. Leur capacité à attendre reposait donc moins sur une force intérieure que sur leur aptitude à structurer leur environnement mental et émotionnel.
Cette capacité dépendait également du contexte : le degré de confiance envers la promesse, l’environnement, les expériences passées. Dans certains cas, manger la guimauve immédiatement ne traduisait pas un manque de discipline, mais une réponse cohérente avec ce qui avait été appris auparavant.
Ce constat éclaire notre rapport à la patience dans la vie adulte. Nous avons tendance à surestimer le rôle de la maîtrise de soi, comme si la patience devait être le résultat d’un effort constant. Or, dans bien des situations, attendre devient difficile non pas par manque de volonté, mais parce que l’environnement rend l’attente inutilement exigeante. Comment, alors, structurer cet environnement pour rendre l’attente plus soutenable ?
Première piste : agir sur l’attention
À l’image des enfants qui détournaient leur regard de la guimauve, il devient plus facile de patienter lorsque la tentation cesse d’occuper tout l’espace mental. Dans la vie quotidienne, cela peut passer par des gestes simples : ne pas garder son téléphone à portée de main en attendant une réponse importante, fermer l’onglet du panier d’achats en ligne avant de prendre une décision, ou décider à l’avance de consulter ses courriels à des moments précis, par exemple une fois par heure ou à une heure fixe, plutôt que de les vérifier automatiquement toutes les quelques minutes. Un point que je travaille moi-même activement, comme beaucoup d’entre nous.
Deuxième piste : structurer le temps
Une attente floue est vécue comme un vide. Une attente délimitée devient un processus. Se donner un moment précis pour réévaluer une décision, comme attendre 24 heures avant de confirmer un achat impulsif, permet de transformer l’attente en phase active plutôt qu’en période subie. Cela peut aussi vouloir dire de décider à l’avance de ce qui nous fera passer à l’action ou d’utiliser ce temps pour préparer concrètement la suite, par exemple comparer des options, écrire les pour et les contre ou planifier les prochaines étapes.
Troisième piste : déplacer l’énergie
Les enfants qui réussissaient à attendre ne restaient pas focalisés sur ce qu’ils n’avaient pas encore. Ils investissaient leur attention ailleurs. De la même façon, il devient plus facile de patienter lorsque l’on s’engage dans une action parallèle qui a du sens. Cela peut être de préparer un dossier déjà en attente, d’avancer sur un autre projet mis de côté ou d’organiser une tâche simple et utile, plutôt que de rester mentalement bloqué sur ce qui est différé.
Revisiter le test de la guimauve, c’est ainsi revoir notre conception de la patience, moins comme une démonstration de volonté, et davantage comme une compétence qui se développe en aménageant l’attention, le temps et l’énergie. Car la patience n’est pas tant une affaire de résistance que d’ingénierie du quotidien.
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Le jour où les excuses cessent de fonctionner
Les excuses ne sont pas des mensonges. Elles sont souvent crédibles, parfois même élégantes. Elles s’appuient sur des faits réels, sur de la fatigue, sur des contraintes objectives, sur des contextes imparfaits. C’est précisément pour cette raison qu’elles sont dangereuses. Elles expliquent très bien pourquoi rien n’a changé, tout en donnant l’impression que tout a été compris.
À court terme, elles apaisent. À long terme, elles érodent, pas la performance, ni même les résultats visibles, mais quelque chose de plus fragile et de plus fondamental : le respect que l’on se porte lorsqu’on se regarde sans détour. Le respect de soi ne s’abîme pas quand on échoue, il s’abîme quand on sait que l’on aurait pu agir autrement et que l’on choisit de ne pas le nommer.
Ce qui est en jeu n’est pas ce que l’on veut accomplir, mais l’identité que l’on renforce, consciemment ou non, par l’accumulation de petits renoncements justifiés. Chaque journée nous apporte des microdécisions à prendre, anodines en apparence. Prises isolément, elles semblent insignifiantes. Ensemble, elles dessinent une trajectoire. Chaque action devient une confirmation silencieuse de la personne que l’on est en train de devenir. C’est ce moment précis où l’on termine la journée en sachant exactement ce que l’on n’a pas fait.
Le langage intérieur joue ici un rôle central. Les mots ne servent pas seulement à raconter ce qui arrive, ils structurent la manière dont on se positionne. Dire que c’est difficile installe une posture de retrait. Dire que c’est exigeant engage la responsabilité. Parler d’un échec fige l’expérience dans une identité temporaire, tandis qu’un retour d’information conserve la dignité du mouvement. Dire que l’on a perdu de l’argent nous enferme dans la faute, alors que reconnaître que l’on a payé pour apprendre redonne une direction. Une situation devient un problème lorsque l’on cesse d’agir. Une hypothèse testée n’est pas une erreur, mais une conversation honnête avec la réalité, qu’il s’agisse d’une décision d’investissement, d’un entraînement écourté ou d’un projet mené jusqu’au bout.
Ce changement de vocabulaire n’a rien d’un exercice de style. Il impose une discipline mentale exigeante, car il retire la possibilité de se représenter une version confortable de soi-même. Il oblige à regarder les faits sans les dramatiser ni les maquiller. Être honnête avec soi-même, ce n’est pas se durcir, c’est se traiter avec suffisamment de respect pour ne plus confondre explication et fuite.
Un jour, presque sans prévenir, certaines excuses cessent de fonctionner. Elles sonnent creux. Elles ne convainquent plus celui qui les prononce. À cet instant précis, quelque chose bascule. L’énergie jusque-là mobilisée pour justifier devient disponible pour agir. L’action n’est plus héroïque ni spectaculaire, elle est simplement alignée.
Le respect de soi ne naît pas d’un parcours sans erreurs, mais d’une cohérence répétée entre ce que l’on affirme et ce que l’on fait, même lorsque personne ne regarde. À cet instant, l’action cesse d’être un effort contre soi. Elle devient la continuité naturelle d’une identité assumée.
Et vous, si vous vous regardez dans le miroir, y a-t-il une sphère de votre vie où vous avez toujours de bonnes excuses pour ne pas vous améliorer ou changer les choses ?
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Comprendre les coûts invisibles du temps
Nous avons tous déjà vécu cette scène. Un produit est affiché à 100 $. Le prix semble raisonnable. Puis, au moment de payer, les taxes s’ajoutent. Le coût réel grimpe à 115 $. Le produit n’a pas changé. Seule notre perception s’est ajustée. Les taxes existaient dès le départ, mais elles demeuraient invisibles.
Ce même décalage s’applique à notre temps et à notre énergie lorsqu’une nouvelle demande ou un nouveau projet se présente. Dans Slow Productivity, Cal Newport décrit ce phénomène par l’entremise des coûts invisibles. Le prix réel d’un engagement dépasse presque toujours ce qui est annoncé. On peut voir ces coûts comme les taxes du temps, présents dès le départ, mais rarement comptabilisés.
Prenons un exemple simple. Dans le cadre d’un nouveau projet, on vous propose une participation qui se résume, sur papier, à une rencontre mensuelle d’une heure. À première vue, l’engagement paraît modeste. Une heure par mois, c’est gérable. Or, cette estimation ne tient compte que du temps visible.
Cette heure n’existe jamais seule. Il faut la planifier, parfois déplacer un autre rendez-vous, relire quelques documents pour arriver préparé, répondre aux suivis et gérer les ajustements. À cela s’ajoute la charge mentale. Le projet reste en arrière-plan, occupe de l’espace cognitif et fragmente l’attention, même lorsque l’on travaille sur autre chose.
Concrètement, une rencontre d’une heure peut facilement se transformer en deux ou trois heures réparties dans la journée ou la semaine. Un peu de préparation, quelques lectures, des échanges par courriel, sans compter l’énergie mentale mobilisée. Pris isolément, chacun de ces coûts semble négligeable. Ensemble, ils constituent une taxe invisible.
Comme à la caisse, le problème n’est pas le prix affiché, mais l’écart entre ce prix et ce qui est réellement payé.
Ce concept devient alors un outil précieux pour prendre des décisions et mieux gérer les attentes. Avant de dire oui, il ne suffit pas d’évaluer si une heure est disponible à l’agenda. La vraie question est ailleurs. Qu’implique réellement cette heure en préparation, en coordination, en charge mentale et en énergie? La prochaine fois que l’on vous proposera une participation « d’une heure seulement », analysez le coût « taxes comprises » pour transformer un « oui » spontané en un choix conscient. C’est là que se joue la différence entre un agenda rempli et un temps réellement bien investi.
Source :
Cal Newport. Slow Productivity : The Lost Art of Accomplishment Without Burnout. Penguin.
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